
Alors que l’intelligence artificielle est parfois présentée comme une menace pour l’emploi des primo-entrants dans l’emploi, les résultats du Baromètre Talents 2026 SKEMA x EY réalisé par Ipsos-BVA invitent à déplacer le regard. Déjà largement appropriée par les étudiants et jeunes diplômés, l’intelligence artificielle ne suscite ni rejet ni fascination excessive. Fait nouveau : elle impose désormais aux entreprises de repenser leurs cadres, leurs pratiques et leurs modes de formation.
Le constat est clair : les jeunes talents ne subissent pas l’IA, ils l’ont déjà intégrée :
– 96 % des étudiants et jeunes diplômés ont déjà utilisé des outils d’intelligence artificielle générative,
– Et 61 % les utilisent au moins une fois par jour.
Loin d’un phénomène émergent, l’IA s’impose comme un usage quotidien, intégré aussi bien dans les apprentissages que dans les premières expériences professionnelles.
Une appropriation rapide, lucide et structurée
Pour cette génération, l’IA est d’abord un levier d’efficacité et d’apprentissage :
– 70 % l’utilisent pour gagner du temps sur des tâches pratiques,
– 56 % pour apprendre
– 41 % pour les aider à prendre des décisions
– 8 jeunes sur 10 se projettent déjà dans l’utilisation de l’IA dans leur futur emploi pour automatiser des tâches répétitives, rédiger ou analyser des données.
L’outil devient progressivement un véritable assistant cognitif, capable d’accompagner les jeunes dans leurs raisonnements et leurs choix. Cette appropriation s’accompagne aussi d’une autre tendance de perception : 74 % considèrent que l’IA peut constituer une menace pour les postes des primo-entrants dans l’entreprise.
Les jeunes ne sont donc ni technophiles naïfs, ni réfractaires : ils anticipent déjà les transformations du marché du travail.
Le vrai enjeu : structurer l’intégration de l’IA en entreprise
Derrière cette adoption massive par les jeunes, une attente se dessine clairement : celle d’un cadre à poser par l’entreprise.
Les jeunes talents expriment une demande forte vis-à-vis des entreprises :
– 79 % souhaitent être formés aux outils d’IA
– 40 % attendent une charte éthique claire
– 48 % insistent pour que l’IA reste un outil de soutien et non de contrôle
Le message est sans ambiguïté : l’enjeu n’est plus d’introduire l’IA, mais de l’organiser, l’encadrer et l’inscrire dans un pacte de confiance.
L’humain, plus que jamais au cœur de la performance
A ce stade, la responsabilité des entreprises et des institutions de formation est centrale. L’enjeu n’est pas de freiner l’IA, mais de structurer son intégration : clarifier les usages, investir dans la formation, repenser les parcours juniors et redonner toute sa place à la montée en compétences progressive. Face à l’IA, les jeunes réaffirment d’ailleurs la valeur de l’humain : 60 % estiment que l’esprit critique sera la compétence la plus déterminante pour réussir professionnellement, devant l’intelligence émotionnelle et la créativité.
« À SKEMA Business School, nous ne formons pas seulement des étudiants à utiliser l’intelligence artificielle : nous formons des talents capables d’en comprendre les enjeux, d’en maîtriser les usages et d’en faire un levier de transformation responsable des organisations. Dans un monde où les repères évoluent vite, notre rôle est de donner à cette génération les clés pour conjuguer performance, esprit critique et impact » déclare Amine Ezzerouali, directeur académique du programme MSc in international human ressources & performance management.
« Chez EY, notre priorité est d’accompagner les jeunes talents dans l’appropriation de l’intelligence artificielle, en les formant et en les aidant à en faire un levier de développement de leurs compétences, dès le début de leur carrière » souligne Muriel Olivaud, Directrice du recrutement chez EY France.
Grâce à leurs travaux conjoints sur les transformations du travail, la formation aux compétences de demain et l’usage responsable de l’IA, SKEMA Business School et EY accompagnent entreprises et étudiants dans cette transition. Leur conviction est simple : l’IA sera un facteur de progrès économique et social si elle est pensée comme un outil au service des trajectoires professionnelles, et non comme un substitut aux débuts de carrière.
Dans un marché du travail en mutation accélérée, les jeunes talents ne demandent pas moins d’IA, mais plus de vision.
Autre enseignement : une génération plus pragmatique face à l’avenir
Au-delà de la question technologique posée par l’IA, le baromètre met également en lumière une évolution plus large du rapport au travail.
74 % des jeunes placent désormais la rémunération en tête de leurs priorités professionnelles, en forte progression sur un an.
Cette évolution traduit moins un désengagement qu’un besoin de réassurance dans un contexte perçu comme plus incertain. Parallèlement, les attentes en matière de qualité de vie au travail se renforcent : relations professionnelles, flexibilité et équilibre de vie deviennent des composantes centrales du “sens” au travail.
Méthodologie
Le baromètre Talent 2026 SKEMA x EY réalisé par Ipsos-BVA repose sur un échantillon de 1609 étudiants et jeunes diplômés (moins de trois ans d’expérience) de l’enseignement supérieur (écoles de commerce : 44% ; écoles d’ingénieur : 26% ; universités : 14% et autres établissements : 16%) interrogés via un questionnaire en ligne administré du 3 au 22 février 2026.



