Groupe REEJ : l’IA comme fondamentale et non optionnelle
Dans un scope bcp plus large, ce qu’il y a de frappant à Milken cette année, c’est qu’en dépit des incertitudes sur la manière dont sa valeur sera réellement concrétisée, on ne parle plus de l’IA comme d’une simple “technologie”. Elle devient désormais le système d’exploitation à travers lequel les dirigeants réinventent l’entreprise.
IA : Innovation VS infrastructure
Le basculement est subtil mais décisif. L’IA n’est plus considérée comme une innovation isolée ou une série de projets pilotes. Elle est désormais intégrée au cœur même de l’entreprise, influençant les opérations, la prise de décision et la relation client à grande échelle. Les dirigeants investissent dans la transformation des coûts, l’innovation produit et l’efficacité opérationnelle, signe que l’IA devient un levier structurel plutôt qu’une initiative ponctuelle.
La dernière étude EY-Parthenon auprès des CEO montre que 80 % des dirigeants prévoient d’augmenter leurs dépenses liées à l’IA malgré les incertitudes, preuve qu’ils considèrent désormais l’IA comme fondamentale et non optionnelle. La diversification des investissements à travers plusieurs leviers de création de valeur montre également que l’IA s’intègre progressivement dans toute l’organisation, et ne reste plus cantonnée à des fonctions isolées.
Cela traduit un changement de maturité. Les dirigeants ne se demandent plus s’il faut adopter l’IA, mais comment la déployer à grande échelle de manière intégrée, gouvernée et alignée avec la performance de l’entreprise.
Potentiel de l’IA VS Performance réelle ?
À mesure que l’IA s’intègre dans les organisations, les attentes augmentent. La question n’est plus celle des capacités, mais des résultats. Les dirigeants doivent désormais démontrer que l’IA génère une valeur mesurable en matière de croissance, de productivité et de positionnement concurrentiel.
Même si certaines estimations évoquent des milliers de milliards d’euros d’impact économique potentiel, la plupart des organisations en sont encore aux premières étapes de la transformation de ce potentiel en résultats cohérents à l’échelle de l’entreprise. L’avantage se concentre désormais entre les mains de ceux capables de dépasser les projets pilotes pour intégrer l’IA au cœur de leur performance business.
Seulement 11 % des CEO déclarent que l’impact de l’IA est relié aux indicateurs financiers et suivi régulièrement par le top management. Ce petit groupe se distingue nettement : il affiche une croissance plus forte et une confiance accrue dans ses performances, ce qui suggère que le véritable avantage réside dans la capacité à relier l’IA aux résultats financiers et pas simplement à la déployer.
Mais la pression pour aller plus loin et plus vite s’intensifie. L’IA élève les attentes en matière de personnalisation, accélère la concurrence et exige des investissements importants avant même que les retours soient pleinement prouvés. Dans ce contexte, les initiatives incapables de démontrer un impact concret auront de plus en plus de difficultés à obtenir des financements.
Réussire à scaler l’IA VS ceux qui stagneront ?
Comme lors des précédentes vagues technologiques, cette transformation suivra probablement un schéma familier : d’abord des gains d’efficacité, puis l’ouverture vers des possibilités entièrement nouvelles. Le véritable défi, pour les entreprises comme pour les sociétés au sens large, sera d’aller au-delà de cette première phase pour saisir les opportunités plus profondes qui suivront.
Mais le chemin reste loin d’être linéaire. La création de valeur demeure incertaine et, pour beaucoup, encore non prouvée. Malgré une dynamique forte, la transformation n’est pas sans friction. De nombreuses contraintes limitent encore la vitesse à laquelle les organisations peuvent avancer.
Les dirigeants pointent régulièrement des lacunes en matière d’IA, de données et de leadership, auxquelles s’ajoutent des résistances culturelles et des infrastructures d’apprentissage insuffisantes, comme principaux freins à la montée en puissance de la valeur créée. La transformation des compétences est désormais indissociable de la transformation IA : 44 % des CEO considèrent la montée en compétences continue et la redéfinition des rôles comme une priorité stratégique.

