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Nvidia symbolise l’ère de l’IA tout comme Apple a incarné l’ère du smartphone

Zavier Wong, analyste de marché pour eToro
 

Tout comme Apple a jadis incarné l’ère du smartphone, Nvidia symbolise aujourd’hui l’ère de l’IA. La date de publication de ses résultats est devenue l’un des rendez-vous les plus déterminants du calendrier financier mondial, pas seulement pour les investisseurs tech, mais pour toute personne détenant un portefeuille diversifié. Que vous possédiez ou non des actions Nvidia, ces résultats devraient très probablement faire bouger les marchés.

Wall Street anticipe un chiffre d’affaires d’environ 65–66 milliards de dollars sur le trimestre, en hausse d’environ 68 % sur un an, avec un BPA (EPS) proche de 1,52–1,53 dollar. Les revenus du segment data centers sont attendus autour de 60 milliards de dollars, reflet de l’appétit insatiable des hyperscalers tels que Microsoft, Amazon, Google et Meta, qui ont collectivement porté leurs plans de dépenses d’investissement (capex) à 650–660 milliards de dollars en 2026. Une grande partie de ces dépenses se déverse directement chez Nvidia.

Et la demande ne vient pas uniquement des géants de la tech. Des États, des Émirats arabes unis à l’Arabie saoudite en passant par l’Europe, construisent leurs propres « clouds IA » nationaux — un segment qui pourrait apporter plus de 20 milliards de dollars aux revenus annuels de Nvidia en 2026, constituant une diversification significative et un véritable nouveau moteur de croissance au-delà de la base des hyperscalers.

L’architecture Blackwell continue de soutenir la demande : Jensen Huang l’avait déjà décrite comme « sold out » jusqu’au milieu de l’année. L’attention se porte de plus en plus sur Rubin, la plateforme de nouvelle génération annoncée au CES. Les marges brutes devraient se redresser vers le milieu des 70 % après un léger recul durant la montée en puissance de Blackwell, un signal positif quant à la capacité de Nvidia à maintenir une rentabilité élevée à grande échelle. Le risque à surveiller reste la Chine : en l’absence de ventes de H20 dans les prévisions, tout assouplissement des restrictions à l’export serait un vrai facteur haussier, mais à ce stade cela demeure un vent contraire.

Le titre est globalement stable sur les six derniers mois, et des résultats solides accompagnés de prévisions (guidance) robustes pourraient être le déclencheur qui le ferait sortir de sa zone d’évolution récente. Comme c’est désormais la règle avec Nvidia, le chiffre du trimestre est presque secondaire : ce qui fait bouger l’action, c’est la guidance, et en particulier la capacité du management à convaincre que les dépenses d’infrastructure IA n’en sont encore qu’à leurs débuts, alors même que les doutes sur la soutenabilité du capex dans le secteur se font plus bruyants. Le marché vise pour le T1 de l’exercice 2027 un chiffre d’affaires proche de 75 milliards de dollars, des marges brutes de retour au milieu des 70 %, et une meilleure visibilité sur la montée en charge de Rubin. Si Nvidia coche ces trois cases, la thématique IA retrouve un véritable battement de cœur. Si elle déçoit, la volatilité se fera sentir bien au-delà du seul cours de Nvidia.

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